ANCENIS ET SON VIGNOBLE DANS L'HISTOIRE
L'emplacement qu'occupe cette ville, dit M. Maître, est vieux comme le globe. Il est de ceux que recherchèrent les populations primitives parce qu'il est facile à fortifier. Il est visible que, dans le principe, l'assiette de la ville était isolée de la rive droite par un courant d'eau, qui lui formait une ceinture et s'écoulait par l'étier de la Davrays. Les Gaulois aimaient les endroits bas, marécageux : ils y bâtissaient volontiers leurs demeures. Leur séjour à Ancenis est marqué par le magnifique dolmen de la Pierre Couvretière, évoquant les restes sanglants du druidisme, le colossal dolmen gisant au milieu du marais de Grée.
Ancenis est une île rocheuse, unique par sa position ; forteresse naturelle, tout lui est venu nécessairement par le fleuve ; là étaient l'activité et la vie sur la route commerciale et militaire, qui, pendant des siècles, a vu passer les barques de guerre des Saxons, des Huns des Vikings, des Normands du IV℮ au IX℮ siècle.
Un spectacle plus magnifique encore se déroule de l'autre côté de la Loire. C'est à l'Orient, se dressant comme un nid d'aigle sur son roc majestueux, avec sa splendide église, ses souvenirs de gloire, ses grands tombeaux, Saint-Florent-le-Vieil. Semés sur la joyeuse colline d'Anjou parmi les vignes, Bouzillé, St-Jean-du-Marillais, et plus près, Liré tournant ses admirations vers le splendide château de la Turmelière et les ruines qui gardent les cendres poétiques de Du Bellay. Plus loin, Drain, et, en face Oudon, les ruines austères de Champtoceaux qui rappellent le belliqueux Renault Turingue, les sièges et les batailles. Entre ses deux pentes fertiles couvertes de vignes, la Loire promène sa nappe d'argent et déroule ses gracieux méandres, avec, en été, à l'ombre de ses bouquets de saules et de peupliers, ses grandes langues de sables dorés. À ces délices de la nature, ajoutez ce que l'art, le commerce et l'industrie peuvent offrir comme complément de prospérité : les célèbres marchés d'Ancenis du jeudi, avec l'étalage de ses denrées, de ses produits ; ses communications rapides, chemin de fer, autocars ; ses magasins bien achalandés ; ses usines prospères. Peuplés d'hommes actifs, intelligents et doux de tempérament, non moins angevin et vendéen que breton, ouvriers, industriels, artisans, commerçants, vignerons, cultivateurs, vivent en parfaite entente pour la prospérité de leur petite capitale.
Joachim du Bellay, poète liréen, a chanté les charmes de son pays natal, la douceur angevine. Plusieurs étymologies du nom d'Ancenis ont été avancées par différents historiens. On prétend notamment que César, s'avançant avec ses légions pour combattre les Armoricains, arrêta son armée épuisée de fatigue sur le territoire qu'occupe maintenant Ancenis et que là, un des lieutenants ayant demandé à l'imperator : "Où coucherons-nous ?" celui-ci répondit : "In hoc nido" (en ce nid) ; réponse qui décida plus tard du nom de la ville. |
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