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Ce jeu de mots ou calembour a été repoussé par des documents historiques qui, dès le Xe siècle, donnent à Ancenis le nom "d'Ancenisium". Toutefois, l'étymologie extrêmement probable, nous la trouvons dans la langue bretonne qui a fourni tant de noms aux villes de la région. Le territoire d'Acenis, à l'origine, formait une île complète : il est donc vraisemblable que son nom a été formé avec le mot breton "enès" (île), au pluriel enézi, inizi, précédé probablement de la préposition bretonne en (en, dedans), à laquelle le mot enès a été joint à l'aide du C euphonique : en c enès : en île, en-inisi, dans les îles. Cette communauté, une des plus fortes de la ville, était installée dans la rue des Tonneliers actuelle, une des plus belles et des plus larges rues de l'époque. Les vastes celliers des négociants s'échelonnaient face au port et se faisaient vis-à-vis. Ancenis était l'entrepôt, la capitale des vignobles des coteaux de la Loire. De là partaient des chalands pour Orléans, d'autres amenaient à Nantes les vins destinés aux Pays-Bas ou à la Bretagne. Ces celliers petit à petit se sont fermés à mesure que le commerce abandonnait la voie fluviale pour emprunter la voie ferrée. Ancenis était si réputé comme le grand marché des vins des bords de la Loire que Charles IX, en 1573, autorisa la création de quatre offices de courtiers-gourmets en vin sur le port d'Ancenis, chiffre qui fut porté à huit en 1586, après avis favorable du Procureur de Nantes et requête du baron d'Ancenis*. Ces courtiers-gourmet étaient les précurseurs des jurés de nos modernes foires aux vins. Mais il ne suffit pas de louer les marchands de vins qui font connaître au loin les crus savoureux de Pierre Melière, Mignonne, Bel Orient, Haute Roche, Château Guy, les Geneaudières, Chasserat, Le chêne ; il faut louer aussi le vigneron qui, par son rude labeur, a fait pousser le ceps sur les coteaux pierreux de la Loire. Thenot, ainsi l'appelle Joachim du Bellay, était vigneron de la Turmelière en Liré. Mais, qu'importe, qu'il soit de Liré, St-Géréon, Oudon, le vigneron est le même de part et d'autre de notre fleuve... La vigne n'est pas née dans les Gaules. Elle a été introduite par les Romains. Depuis lors, elle en a fait son royaume de prédilection et les bords de la Loire ont été les premiers à en adopter la culture. En 577-593, les Armoricains de Waroch dans sa lutte contre Clotaire I, vendangent à quatre fois différentes nos vignes de Saint-Géréon à coup d'épée. |
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